La Belle Victoire › Notions › Déviance
Contrôle exercé par d'autres acteurs. Informel : au cours des interactions quotidiennes (sourire = approbation, moquerie = désapprobation). Formel : exercé par des institutions spécifiques (forces de l'ordre, justice, école, église) via récompenses (Légion d'honneur) ou punitions (exclusion, prison, blâme).
Les normes sociales évoluent → un même acte change de qualification : avoir un enfant hors mariage, longtemps mal accepté, est devenu majoritaire en France depuis 2007 et la sanction sociale a quasi disparu → la désignation varie aussi selon les pays (faire la bise est courant en France, offensant au Japon) → et selon les groupes sociaux (le langage argotique est déviant pour les catégories bourgeoises, pas pour les catégories populaires).
La transgression d'une norme ne suffit pas à rendre un acte déviant → il faut une désignation publique de l'acte par les autres → en croisant acte et réaction sociale, quatre cas : conforme, secrètement déviant (transgresse sans être perçu), accusé à tort (perçu déviant sans transgression), pleinement déviant → ex : consommer du cannabis à domicile sans être désigné n'entraîne pas d'étiquette, le même acte en public si.
1) Transgression répétée d'une norme → 2) désignation publique de l'individu comme déviant : son identité sociale change, tous ses actes futurs sont lus à travers l'étiquette, une prophétie autoréalisatrice s'amorce (« le toxicomane se voit contraint au vol parce que les employeurs refusent de l'embaucher ») → 3) entrée dans un groupe déviant structuré qui fournit justifications et moyens de continuer → à chaque phase existent des possibilités de sortie, qui se raréfient.
Cette notion appartient au chapitre Quels sont les processus sociaux qui contribuent à la déviance ? du programme de Première.