La Belle Victoire › Notions › Vote
Éléments liés au contexte politique qui influencent la participation : perception des enjeux du scrutin, intensité de la compétition, médiatisation, délai depuis le scrutin précédent, type d'élection.
Plus un scrutin est perçu comme ayant un enjeu important, plus les inscrits votent → si le résultat semble joué d'avance ou si le scrutin suit de près le précédent, l'abstention monte (depuis le quinquennat de 2000, les législatives suivent la présidentielle et mobilisent moins) → l'intensité de la compétition et la médiatisation augmentent l'enjeu perçu (84 % de participation au 2d tour de 2007, duel Sarkozy-Royal très clivant) → le type d'élection compte : la présidentielle mobilise le plus, les européennes et départementales beaucoup moins.
Acte individuel : l'électeur rationnel (Downs) compare l'offre électorale et vote pour le candidat qui maximise son bénéfice attendu, en fonction du contexte et des enjeux qu'il juge prioritaires (environnement, sécurité…) → mais sa rationalité est limitée par l'information disponible → acte collectif : les orientations électorales sont prédéterminées par les caractéristiques sociales (Columbia, Lazarsfeld) → religion, âge, patrimoine et profession restent des variables lourdes du vote.
Affaiblissement du poids de certaines variables sociales : la profession prédit moins le vote (déclin du vote de classe ouvrier-gauche) → recomposition d'autres : le vote ouvrier se porte de plus en plus vers le RN, tandis que patrimoine et secteur public/privé gardent des effets persistants → déclin de l'identification politique et atténuation du clivage gauche-droite depuis les années 1980 → renforcement des variables contextuelles : attention croissante aux enjeux et à l'offre (en 2017, l'apparition de La République en Marche a déplacé de nombreux votes) → résultat : le vote intermittent passe de 40,1 % en 2002 à 47,2 % en 2022.
Cette notion appartient au chapitre Voter : une affaire individuelle ou collective ? du programme de Première.