La Belle Victoire › Notions › Vote
Inscription des individus dans des liens sociaux. Plus les individus sont intégrés, plus ils votent : en 2022, 89 % des inscrits vivant en couple ont voté au moins une fois contre 77 % des inscrits ne vivant pas en couple.
Intégration sociale : plus les liens sociaux sont développés, plus l'entourage mobilisé rappelle le devoir civique → vivre en couple a un effet d'entraînement (89 % vs 77 % en 2022) → intérêt pour la politique : inégal selon l'âge (67,2 % des 18-29 ans ont voté au 1er tour de la présidentielle 2022 contre 81,7 % des 30-64 ans) et le diplôme (comprendre les enjeux incite à s'y intéresser) → sentiment de compétence politique : ceux qui ne se sentent pas légitimes s'excluent du vote, le « cens caché » de Gaxie.
Acte individuel : l'électeur rationnel (Downs) compare l'offre électorale et vote pour le candidat qui maximise son bénéfice attendu, en fonction du contexte et des enjeux qu'il juge prioritaires (environnement, sécurité…) → mais sa rationalité est limitée par l'information disponible → acte collectif : les orientations électorales sont prédéterminées par les caractéristiques sociales (Columbia, Lazarsfeld) → religion, âge, patrimoine et profession restent des variables lourdes du vote.
Affaiblissement du poids de certaines variables sociales : la profession prédit moins le vote (déclin du vote de classe ouvrier-gauche) → recomposition d'autres : le vote ouvrier se porte de plus en plus vers le RN, tandis que patrimoine et secteur public/privé gardent des effets persistants → déclin de l'identification politique et atténuation du clivage gauche-droite depuis les années 1980 → renforcement des variables contextuelles : attention croissante aux enjeux et à l'offre (en 2017, l'apparition de La République en Marche a déplacé de nombreux votes) → résultat : le vote intermittent passe de 40,1 % en 2002 à 47,2 % en 2022.
Cette notion appartient au chapitre Voter : une affaire individuelle ou collective ? du programme de Première.