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Quels sont les sources et les défis de la croissance économique ?
Croissance · programme de Terminale · 18 notions, 6 mécanismes, 7 auteurs
Les notions du chapitre
- PGF (Productivité Globale des Facteurs) : Résidu de Solow : part de la croissance non expliquée par l'augmentation des facteurs travail et capital. Mesure l'efficacité de la combinaison productive, résulte du progrès technique, de l'organisation et des institutions.
- Croissance extensive vs intensive : Extensive : augmentation de la production par accumulation des facteurs (K et L). Intensive : augmentation de la production par amélioration de l'efficacité des facteurs (PGF, progrès technique). À long terme, seule la croissance intensive est durable car les rendements des facteurs sont décroissants.
- Progrès technique : Ensemble des innovations (nouveaux produits ou procédés) qui améliorent le processus de production et augmentent l'efficacité des facteurs. Peut être exogène (Solow) ou endogène (Romer).
- Innovation : Mise en œuvre d'inventions dans la sphère productive. On distingue les innovations de produit (smartphone), de procédé (fordisme), d'organisation (Toyota), de marketing (e-commerce).
- Capital humain : Ensemble des connaissances, qualifications et compétences acquises par un individu grâce à l'éducation et à la formation. Source de productivité et d'externalités positives.
- Capital public : Infrastructures financées par l'État (routes, écoles, hôpitaux, réseaux) qui facilitent l'activité économique et la productivité de l'ensemble des entreprises (externalités positives).
- Capital technologique : Stock de connaissances technologiques accumulé par la société grâce à la R&D. Bien non rival (utilisable par tous en même temps) → externalité positive et croissance endogène.
- Droits de propriété intellectuelle : Règles qui protègent les inventions et créations (brevets, droits d'auteur). Les brevets procurent un monopole temporaire (~20 ans) → incitation à investir en R&D. Mais brevet trop long = freine la diffusion.
- Institutions : Règles formelles (lois, contrats) et informelles (normes, coutumes) qui structurent l'activité économique. Des institutions sécurisées (droits de propriété, justice efficace) favorisent l'investissement et la croissance (Acemoglu, North).
- Destruction créatrice : Processus schumpétérien : l'innovation détruit les emplois, industries et firmes obsolètes tout en créant de nouveaux secteurs, produits et emplois. Moteur dynamique du capitalisme.
- Croissance soutenable : Croissance qui satisfait les besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs (rapport Brundtland, 1987). Suppose la préservation des capitaux naturel, physique, humain et institutionnel.
- Soutenabilité forte vs faible : Soutenabilité faible : on peut substituer du capital naturel par du capital physique/humain (vision néoclassique). Soutenabilité forte : le capital naturel a une valeur intrinsèque non substituable (vision écologique).
- Externalité : Effet positif ou négatif d'une activité économique sur un tiers, non pris en compte par le marché. Ex : pollution (négative), recherche fondamentale (positive). Justifie l'intervention publique.
- Biens communs : Biens rivaux mais non excluables : leur usage par l'un diminue la quantité disponible pour les autres, mais on ne peut empêcher leur accès. Ex : ressources halieutiques, atmosphère. Risque de surexploitation (Hardin, tragédie des communs).
- Rendements décroissants : Loi selon laquelle l'ajout d'unités supplémentaires d'un facteur (en gardant les autres constants) entraîne des gains de production de plus en plus faibles. Explique pourquoi la croissance par accumulation seule s'épuise.
- État stationnaire : Dans le modèle de Solow, situation où l'investissement compense uniquement l'usure du capital → la croissance par tête s'arrête en l'absence de progrès technique exogène.
- Croissance endogène : Modèle (Romer, Lucas) où le progrès technique résulte de décisions économiques (R&D, éducation) et non d'un don du ciel. Les externalités positives évitent les rendements décroissants → croissance auto-entretenue.
- Recherche-Développement (R&D) : Ensemble des activités créatives entreprises pour accroître les connaissances et concevoir de nouveaux produits/procédés. Mesurée en % du PIB (~2% en France, ~4% en Corée du Sud).
Les mécanismes à savoir dérouler
La décomposition de Solow (OA1)
PIB = contribution du facteur travail + contribution du facteur capital + PGF. La PGF est le 'résidu' non expliqué par les quantités de facteurs, il mesure les gains d'efficacité. Exemple : Japon 2021-2022 : croissance +1% = +0,1pt travail + 0,2pt capital + 0,7pt PGF. La PGF explique souvent 50-80% de la croissance à long terme.
Le mécanisme de la croissance endogène (OA2)
Investissements (R&D, capital humain, infrastructures) → innovations → externalités positives (les connaissances se diffusent, non rivales) → rendements croissants → croissance auto-entretenue. Le progrès technique n'est plus une donnée extérieure mais est produit par l'économie elle-même. Les pays riches investissent plus → croissent plus → financent plus d'investissement → cercle vertueux.
Les droits de propriété comme incitation à innover (OA3)
Sans brevet, une innovation est immédiatement copiée → l'inventeur ne récupère pas ses coûts → il n'a pas intérêt à investir en R&D. Le brevet procure un monopole temporaire (~20 ans) → profit de monopole → incitation à innover. Mais le monopole peut bloquer la diffusion de l'innovation → les pouvoirs publics limitent la durée du brevet ou permettent son contournement avec amélioration significative.
Le mécanisme de la destruction créatrice (OA3)
Schumpeter (1942) : l'innovation détruit les activités obsolètes (le métier à tisser traditionnel, le maréchal-ferrant, le postier) et crée de nouvelles activités et emplois. Ce processus est la force motrice de la croissance capitaliste. Les institutions (brevets, droit de la concurrence) doivent protéger les innovateurs MAIS aussi susciter de nouvelles innovations pour éviter les abus de position dominante.
Le progrès technique comme source d'inégalités de revenus (OA4)
Le progrès technique génère des inégalités via 3 canaux : (1) rentes de monopole pour les innovateurs (profit exceptionnel → hausse des revenus du capital) ; (2) polarisation des emplois : destruction des emplois routiniers automatisables (caissiers, comptables) + hausse des emplois qualifiés + stabilité des emplois peu qualifiés non automatisables → inégalités de revenus du travail ; (3) inégalités géographiques (Silicon Valley, Bangalore vs territoires délaissés).
Les limites écologiques de la croissance et le rôle de l'innovation (OA5)
La croissance génère des externalités négatives : épuisement des ressources naturelles (renouvelables et non renouvelables), pollution des sols/eau/air, réchauffement climatique (hausse des GES). Ces limites menacent la soutenabilité. L'innovation peut reculer ces limites : véhicules électriques, énergies renouvelables, captage du CO2, dessalement de l'eau → découplage croissance/émissions possible (croissance verte).
Les auteurs attendus
- Solow (1956) : Modèle de croissance exogène : la croissance à long terme dépend du progrès technique, considéré comme une 'manne tombée du ciel'. Sans PT, l'économie atteint un état stationnaire à cause des rendements décroissants du capital.
- Romer (1986) : Modèle de croissance endogène : le progrès technique est produit par l'économie via la R&D. La connaissance est non rivale → externalités positives → rendements croissants → croissance auto-entretenue.
- Schumpeter (1942) : Théorise la destruction créatrice. L'entrepreneur innovateur bouleverse l'économie par grappes d'innovations. Le capitalisme est dynamique mais instable (cycles longs Kondratiev).
- Acemoglu & Robinson (2012) : "Pourquoi les nations échouent" : les institutions inclusives (droits de propriété sécurisés, État de droit, démocratie) favorisent la croissance ; les institutions extractives (élites prédatrices) la freinent.
- Aghion & Howitt (1992) : Modèle de croissance schumpétérienne : intègrent la destruction créatrice dans un modèle formalisé. Les firmes en place innovent pour conserver leur rente face aux nouveaux entrants.
- North (1990) : Économiste institutionnaliste : les institutions (règles du jeu) réduisent l'incertitude et les coûts de transaction, favorisant les échanges et l'investissement de long terme.
- Lucas (1988) : Capital humain comme moteur de croissance endogène. L'éducation et la formation génèrent des externalités positives qui bénéficient à l'ensemble de l'économie.
Les sujets tombables sur ce chapitre
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La Belle Victoire, préparation au baccalauréat de sciences économiques et sociales.
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