La Belle Victoire › Notions › Opinion publique
Enquête menée auprès d'un échantillon représentatif de la population, destinée à fournir une indication chiffrée sur les opinions, attitudes, préférences ou intentions des individus sur un sujet donné. Se développe dans les années 1930 (IFOP créé en 1938).
Aux Lumières, l'opinion « publique » demeure le monopole des catégories éclairées (salons, presse, parlements) → 1848, suffrage universel masculin : les responsables politiques doivent cerner les tendances de l'opinion de tous les électeurs (les préfets en dressent une première cartographie) → avec l'approfondissement de la démocratie, la presse libre et l'école, l'opinion publique devient celle du plus grand nombre → l'outil développé pour l'appréhender est le sondage.
A) Constitution de l'échantillon représentatif : méthode des quotas (miniaturisation de la société, ≥ 1 000 personnes) ou échantillonnage aléatoire → B) Formulation des questions : claires, précises et neutres, car une formulation orientée fausse les réponses (« Croyez-vous en Dieu ? » : 81 % de oui, contre 66 % pour « Est-ce que vous croyez en Dieu ? ») → C) Analyse : tenir compte du taux de non-réponse et des marges d'erreur. En 1965, les sondages annoncent le ballotage de De Gaulle contre l'avis des communicants : leur utilité est démontrée.
« L'opinion publique n'existe pas » (1973) → 1) Provocation artificielle des opinions : les questionnaires font répondre à des questions auxquelles les sondés n'ont pas réfléchi → 2) Agrégation sans tri : toutes les opinions se voient accorder le même poids alors qu'elles n'ont pas la même force sociale ; une minorité active peut peser davantage → 3) Biais de collecte et d'interprétation (mode d'enquête, non-réponses, marge d'erreur écartée trop vite) → 4) Formulation orientée et influence du contexte (un événement modifie temporairement les réponses).
Cette notion appartient au chapitre Comment se forme et s'exprime l'opinion publique ? du programme de Première.