La Belle Victoire › Notions › Opinion publique
Démocratie où l'opinion publique, mesurée par les sondages en temps réel, influence fortement les décisions des gouvernants, parfois au détriment du temps long et de la réflexion collective.
Aux Lumières, l'opinion « publique » demeure le monopole des catégories éclairées (salons, presse, parlements) → 1848, suffrage universel masculin : les responsables politiques doivent cerner les tendances de l'opinion de tous les électeurs (les préfets en dressent une première cartographie) → avec l'approfondissement de la démocratie, la presse libre et l'école, l'opinion publique devient celle du plus grand nombre → l'outil développé pour l'appréhender est le sondage.
A) Constitution de l'échantillon représentatif : méthode des quotas (miniaturisation de la société, ≥ 1 000 personnes) ou échantillonnage aléatoire → B) Formulation des questions : claires, précises et neutres, car une formulation orientée fausse les réponses (« Croyez-vous en Dieu ? » : 81 % de oui, contre 66 % pour « Est-ce que vous croyez en Dieu ? ») → C) Analyse : tenir compte du taux de non-réponse et des marges d'erreur. En 1965, les sondages annoncent le ballotage de De Gaulle contre l'avis des communicants : leur utilité est démontrée.
« L'opinion publique n'existe pas » (1973) → 1) Provocation artificielle des opinions : les questionnaires font répondre à des questions auxquelles les sondés n'ont pas réfléchi → 2) Agrégation sans tri : toutes les opinions se voient accorder le même poids alors qu'elles n'ont pas la même force sociale ; une minorité active peut peser davantage → 3) Biais de collecte et d'interprétation (mode d'enquête, non-réponses, marge d'erreur écartée trop vite) → 4) Formulation orientée et influence du contexte (un événement modifie temporairement les réponses).
Cette notion appartient au chapitre Comment se forme et s'exprime l'opinion publique ? du programme de Première.