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Comment lutter contre le chômage ?
Chômage · programme de Terminale · 14 notions, 7 mécanismes, 4 auteurs
Les notions du chapitre
- Chômage : Selon le BIT, est chômeur toute personne en âge de travailler (15-64) sans emploi, disponible pour travailler et activement à la recherche d'un emploi.
- Taux de chômage : Nombre de chômeurs / Population active. Mesure la part des actifs sans emploi. Différent du taux d'emploi (emploi/population en âge de travailler).
- Chômage conjoncturel (keynésien) : Chômage lié à une insuffisance de la demande globale (ralentissement économique). Solution : politiques de relance budgétaire ou monétaire qui stimulent la demande.
- Chômage structurel : Chômage lié au fonctionnement de l'économie : inadéquation entre offre et demande de travail (qualifications, géographie), rigidités du marché du travail (salaire minimum, protection).
- Chômage frictionnel : Chômage de courte durée lié au temps nécessaire pour trouver un emploi après une transition (fin d'études, démission). Inévitable et même utile pour un bon appariement.
- Chômage classique : Chômage causé par un coût du travail jugé trop élevé (salaire minimum, charges) par rapport à la productivité. Solution classique : baisser les coûts du travail.
- NAIRU (taux de chômage naturel) : Taux de chômage compatible avec une inflation stable. En dessous, l'inflation s'accélère (Phillips). Concept central des banques centrales. ~6-7% en France.
- Asymétrie d'information : Sur le marché du travail, l'employeur ne connaît pas parfaitement la productivité du candidat, et le candidat ne connaît pas parfaitement les conditions de travail. Source de frictions et de chômage.
- Appariement (matching) : Mécanisme par lequel se rencontrent offre et demande de travail. Un mauvais appariement (formations inadaptées, mobilité limitée) crée du chômage structurel.
- Politique de l'offre : Mesures visant à améliorer le fonctionnement du marché du travail : baisse du coût du travail, formation, flexibilité, incitations à l'embauche. Vise le chômage structurel.
- Politique de la demande : Mesures visant à stimuler la demande globale : relance budgétaire (dépenses publiques, baisse d'impôts), politique monétaire accommodante. Vise le chômage conjoncturel.
- Flexisécurité : Modèle (Danemark) combinant flexibilité du marché du travail (facilité de licencier) et sécurité pour les travailleurs (allocations généreuses, formation). Vise à réduire le chômage tout en protégeant les travailleurs.
- Trappe à inactivité : Situation où le retour à l'emploi est peu rentable (prestations sociales perdues > salaire gagné). Solution : prime d'activité, dégressivité des allocations.
- Salaire d'efficience : Salaire supérieur au salaire d'équilibre versé par l'employeur pour attirer/retenir les meilleurs travailleurs et les motiver. Peut créer du chômage involontaire.
Les mécanismes à savoir dérouler
Les problèmes d'appariement comme source de chômage structurel (OA2)
Les problèmes d'appariement = difficultés de mise en relation de l'offre et de la demande de travail → coexistence d'emplois vacants et de chômeurs. Sources : (1) inadéquations spatiales, les chômeurs n'habitent pas là où se trouvent les emplois vacants ; (2) inadéquations de qualifications, décalage entre les compétences requises et celles des demandeurs d'emploi, amplifié par la destruction créatrice et la polarisation des emplois → chômage structurel persistant.
Les asymétries d'information et le salaire d'efficience (OA2)
L'employeur ne connaît pas la productivité effective des candidats → risque de sélection adverse (embaucher un salarié incompétent) et d'aléa moral (effort insuffisant). Solution : verser un salaire d'efficience (> salaire d'équilibre). Effets positifs : attire les meilleurs candidats, incite à l'effort (risque de perte élevé si licencié). Effet négatif : renchérit le coût du travail → moins d'embauches → chômage structurel.
Les effets ambivalents du salaire minimum (OA3)
Effets négatifs si SMIC > salaire d'équilibre : renchérit le coût du travail des moins qualifiés → substitution capital/travail → hausse des prix → baisse de la demande → moins d'emplois → chômage structurel. Effets positifs : incite à chercher un emploi (hausse des salaires) → améliore l'appariement ; logique d'efficience : hausse de productivité → gains de compétitivité → hausse de l'emploi.
Les effets ambivalents de la protection de l'emploi (OA3)
Effets négatifs : les entreprises hésitent à embaucher si le licenciement est coûteux → pénalise surtout femmes et jeunes ; ralentit la réallocation des emplois → freine la destruction créatrice → chômage structurel. Effets positifs : stabilise les salariés → investissement en capital humain par l'entreprise → réduction des inadéquations ; protège les emplois en récession → évite le chômage de longue durée et la déqualification.
Les fluctuations de l'activité et le chômage conjoncturel (OA4)
Hausse de la demande globale (consommation, investissement, dépenses publiques, exportations) → carnets de commande pleins → les entreprises embauchent → chômage recule. Récession → baisse de la demande globale → baisse de la production → licenciements → chômage conjoncturel augmente. Décalage temporel entre variations du PIB et ajustement de l'emploi car l'embauche et le licenciement sont coûteux pour les entreprises.
Les politiques macroéconomiques contre le chômage conjoncturel (OA5)
Politique budgétaire de relance : hausse des dépenses publiques (grands travaux, emplois publics) + baisse des prélèvements obligatoires → hausse de la demande globale → embauches. Politique monétaire de relance : baisse des taux directeurs → crédit moins cher → consommation et investissement augmentent → demande → emploi. Ces politiques maintiennent aussi la confiance des entrepreneurs → limite les licenciements préventifs.
Les politiques structurelles contre le chômage structurel (OA5)
Politiques d'allègement du coût du travail : exonérations de cotisations → rend le travail moins coûteux → emplois des moins qualifiés protégés. Politiques de formation : initiale, continue, ciblée → réduit les inadéquations de qualifications. Politiques de flexibilisation : assouplissement des conditions d'embauche/licenciement, modulation du temps de travail → réduit les rigidités du marché du travail.
Les auteurs attendus
- Keynes (1936) : Théorie générale : le chômage involontaire résulte d'une insuffisance de la demande globale. L'État doit intervenir par des politiques budgétaires expansionnistes (multiplicateur).
- Pigou & classiques : Le chômage résulte d'un salaire trop élevé par rapport à l'équilibre du marché. La flexibilité salariale rétablit le plein-emploi.
- Friedman (1968) : Taux de chômage naturel : à long terme, le chômage est structurel et ne dépend pas des politiques monétaires. Critique l'arbitrage inflation-chômage (Phillips).
- Phillips (1958) : Relation empirique entre inflation et chômage : plus le chômage est faible, plus l'inflation est forte. Justifiait les politiques de relance dans les années 60.
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La Belle Victoire, préparation au baccalauréat de sciences économiques et sociales.
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