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Comment expliquer les crises financières et réguler le système financier ?
Crises financières · programme de Terminale · 16 notions, 4 mécanismes, 5 auteurs
Les notions du chapitre
- Crise financière : Perturbation grave et soudaine du système financier (bourse, banques, change) qui menace la stabilité de l'ensemble de l'économie. Caractérisée par chute des actifs, panique, illiquidité.
- Bulle spéculative : Hausse exagérée et durable du prix d'un actif (immobilier, actions, crypto) déconnectée de sa valeur fondamentale. Alimentée par la spéculation et le mimétisme. Explose en krach.
- Krach boursier : Effondrement brutal des cours sur les marchés financiers. Ex : 1929 (-89% en 3 ans), 1987 (-22% en 1 jour), 2008 (-50%). Peut déclencher une récession.
- Aléa moral : Comportement risqué adopté par un agent parce qu'il sait qu'il ne supportera pas l'intégralité des conséquences (banques 'too big to fail' qui prennent des risques sachant qu'elles seront sauvées).
- Antisélection (sélection adverse) : Asymétrie d'information conduisant à attirer les 'mauvais risques' : les emprunteurs les plus risqués acceptent des taux élevés que les bons emprunteurs refusent.
- Subprimes : Crédits immobiliers américains accordés à des emprunteurs à risque (faibles revenus, antécédents douteux). Origine de la crise de 2007-2008 quand les taux ont remonté et les défauts explosé.
- Titrisation : Transformation de créances (prêts) en titres financiers vendus sur les marchés. Permet aux banques de transférer le risque mais le diffuse à l'ensemble du système financier.
- Effet de contagion : Propagation d'une crise d'un marché ou pays à d'autres via les liens financiers, commerciaux et la confiance. Ex : crise asiatique 1997, crise euro 2010-2012.
- Effet domino : Mécanisme par lequel la faillite d'un acteur entraîne par défaut celle de ses créanciers, qui à leur tour font défaut, etc. Risque systémique.
- Panique bancaire (bank run) : Retraits massifs et simultanés des dépôts par les épargnants qui craignent la faillite de leur banque. Aggrave la crise (banque illiquide même si solvable). Northern Rock 2007.
- Mimétisme : Comportement consistant à imiter les autres acteurs du marché. Alimente bulles (à la hausse) et krachs (à la baisse). Rationnel individuellement, désastreux collectivement.
- Déflation par la dette : Spirale (Fisher) : la baisse des prix augmente la valeur réelle des dettes → les agents endettés réduisent leur consommation → baisse de la demande → nouvelle baisse des prix. Aggrave les crises.
- Régulation prudentielle : Règles imposées aux banques pour limiter leur prise de risque : ratios de fonds propres (Bâle III), supervision (BCE pour la zone euro), résolution ordonnée des faillites.
- Prêteur en dernier ressort : Rôle de la banque centrale qui prête aux banques en difficulté pour éviter une panique bancaire et un effondrement systémique. BCE pour zone euro, FED aux USA.
- Politique monétaire non conventionnelle : Mesures exceptionnelles des banques centrales en cas de crise : taux d'intérêt nuls/négatifs, achats massifs d'actifs (Quantitative Easing). Utilisées depuis 2008.
- Risque systémique : Risque que la défaillance d'un acteur ou d'un marché provoque l'effondrement de tout le système financier. Justifie la régulation et la supervision.
Les mécanismes à savoir dérouler
Instabilité financière de Minsky
En période de prospérité, les agents anticipent que la croissance va durer → ils empruntent de plus en plus, y compris au-delà de leur capacité de remboursement (financement spéculatif puis Ponzi) → un choc (hausse des taux, retournement du marché) révèle la fragilité → défauts en chaîne → 'la stabilité engendre elle-même l'instabilité'.
Déflation par la dette (Fisher)
Une crise déclenche une baisse générale des prix → la valeur réelle des dettes contractées avant la crise augmente mécaniquement (elles sont fixées en valeur nominale) → les ménages et entreprises endettés réduisent fortement leur consommation/investissement pour rembourser → la demande globale chute → les prix baissent encore plus → spirale dépressive auto-entretenue.
Panique bancaire (bank run)
Une rumeur ou une information négative fait craindre la faillite d'une banque → les déposants se précipitent pour retirer leurs dépôts → la banque, qui n'a qu'une fraction de ses dépôts en liquide (le reste étant prêté), ne peut honorer tous les retraits → elle devient effectivement insolvable même si elle était saine au départ → risque de contagion aux autres banques par méfiance généralisée.
Aléa moral et 'too big to fail'
Une grande banque sait que l'État la sauvera en cas de faillite car son effondrement menacerait tout le système (risque systémique) → elle est incitée à prendre plus de risques que si elle supportait seule les conséquences de ses pertes → cette prise de risque excessive augmente la probabilité même de la crise qu'elle redoutait, ce qui justifie la régulation prudentielle (ratios de fonds propres).
Les auteurs attendus
- Minsky (1986) : Hypothèse d'instabilité financière : en période de prospérité, les agents prennent plus de risques (financement spéculatif puis Ponzi). 'La stabilité engendre l'instabilité'. Explique la récurrence des crises.
- Fisher (1933) : Théorie de la déflation par la dette : explique la Grande Dépression de 1929. La déflation alourdit le poids réel des dettes → spirale dépressive. Plaide pour la reflation.
- Kindleberger (1978) : "Manias, Panics and Crashes" : analyse historique des crises financières (tulipes 1637, 1929, 1987...). Identifie un schéma récurrent : euphorie, mania, krach, panique.
- Keynes (1936) : Concept des 'esprits animaux' : les marchés financiers sont dominés par la psychologie collective, pas la rationalité. Justifie la régulation et l'intervention publique.
- Akerlof (1970) : Asymétries d'information et sélection adverse : 'The Market for Lemons'. Sur les marchés du crédit, les mauvais emprunteurs chassent les bons → défaillance du marché.
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La Belle Victoire, préparation au baccalauréat de sciences économiques et sociales.
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