La Belle Victoire › Notions › Engagement pol.
Action collective durable visant un changement social ou politique (féminisme, écologie, anti-mondialisation). Suppose adversaires, identité collective, projet.
Depuis les années 1960 : déclin des mobilisations centrées sur le travail (désindustrialisation, individualisation) au profit de nouveaux enjeux 'post-matérialistes' (justice sociale, droits des minorités, environnement). Nouveaux acteurs (associations, groupements) et nouveaux répertoires (réseaux sociaux, pétitions en ligne, boycott, hacktivisme) complètent les formes traditionnelles.
Olson (1965) : dans un grand groupe, chaque individu rationnel préfère laisser les autres agir (passager clandestin) et bénéficier gratuitement du résultat collectif. Solutions : (1) incitations sélectives (avantages réservés aux membres actifs : revue syndicale, services juridiques) ; (2) contrainte sociale (pression des pairs) ; (3) don au sens de Mauss (réciprocité, identité collective).
Noëlle-Neumann (1974) : les individus perçoivent en permanence le 'climat d'opinion' (quelle opinion est socialement acceptable). Ceux qui se sentent minoritaires tendent à se taire pour éviter l'isolement social → les opinions dominantes semblent encore plus dominantes. Effets : sondages peuvent sous-estimer certaines opinions (vote caché pour le FN dans les années 1980-90) ; les réseaux sociaux créent des 'bulles de filtre' qui amplifient le phénomène.
Cette notion appartient au chapitre Comment expliquer l'engagement politique dans les sociétés démocratiques ?, où figurent l'ensemble des définitions, des mécanismes et des auteurs attendus.